Définir les besoins de l'entreprise et les solutions bancaires appropriées (illustrations à l'aide d'un bilan)

Dernière mise à jour de cette page le 19-06-2013

A chaque phase dans le cycle de vie d’une entreprise elle a besoin de fonds et au fur et à mesure du développement de son activité économique, il peut y avoir différents projets à financer. L’entrepreneur doit analyser le projet à réaliser afin de connaître au mieux sa rentabilité et les coûts pour sa réalisation. Suite à ces 2 facteurs, le besoin ainsi que le type de financement peuvent être déterminés. Le chef d'entreprise doit alors s'informer sur le financement d'un projet ou d'une activité afin de savoir s'il doit plutôt utiliser ses fonds propres, recourir à des fonds tiers ou encore opter pour un financement bancaire. Les solutions bancaires sont multiples et peuvent présenter un financement adapté pour chaque type de projet à réaliser.

Personnes concernées

Peut être concerné par le financement de ses besoins par des solutions bancaires, toute entreprise, sous forme individuelle ou sociétaire, qui souhaite développer son activité commerciale par le biais de :

  • la création de l’entreprise ;
  • l’investissement en capital (acquisition de machines ou de matériel) ;
  • l’expansion internationale ;
  • le besoin de liquidités (paiement des fournisseurs, équilibrer le non-paiement par les clients) ;
  • la croissance interne (développement de ses activités, création de filiales) ;
  • la croissance externe (fusion ou rachat d’une autre entreprise).

Conditions préalables

Garanties

Selon le type et le risque de financement bancaire, varient aussi le type et les exigences en matière de garanties. La présentation d’une garantie au banquier lui permet de s’assurer du bon déroulement du financement ainsi que de son remboursement. Une première garantie doit constituer la solvabilité du client et la rentabilité du projet à financer. Au-delà, la banque peut demander une ou plusieurs des garanties suivantes :

  • une hypothèque immobilière ;
  • un gage ;
  • un cautionnement ;
  • un engagement moral ;
  • apport de fonds propres ;
  • conclusion d’une assurance.

Structure du bilan

Les nouvelles normes "Bâle II" comprennent l’ensemble des exigences en matière de fonds propres afin de garantir une sécurisation dans l’octroi de crédits. Parmi tout un éventail de critères et indicateurs financiers, il s’agit d’assurer un bon rating de l’entreprise auprès de la banque et d’autres créanciers. Avant de se lancer dans la réalisation d’un projet à fonds élevés, il s’avère donc judicieux de s’intéresser davantage à sa structure du bilan et de veiller à son optimisation.

La structure d’un bilan illustre parfaitement les besoins, les solutions financières adaptées ainsi que les garanties demandées par les banques en vue de couvrir le risque. Le présent tableau permet de mettre en évidence l’état financier et les besoins de l’entreprise :

 

ACTIF (emplois)

PASSIF (ressources)

Actif immobilisé
  • immobilisations corporelles
  • immobilisations incorporelles
  • immobilisations financières

Long terme

Moins liquide

 

 

 

 

 

Court terme

Plus liquide

Capitaux permanents
  • capital social
  • réserves
  • résultats reportés
  • obligations subordonnées
  • provisions

Actif circulant

  • stocks
  • créances clients
  • trésorerie

Dettes

  • dettes bancaires long terme (LT)
  • dettes bancaires court terme (CT)
  • dettes fournisseurs et autres
  • dettes sociales et autres

 

En règle générale, le bilan est organisé de haut en bas par ordre chronologique, c'est-à-dire du long terme vers le court terme et ceci aussi bien pour l’actif que pour le passif. Les emplois long terme sont à financer par des ressources long terme. Les ressources long terme doivent excéder les emplois long terme et donc permettre de financer une partie des emplois court terme afin d’assurer une certaine liquidité à l’entreprise.

L’actif représente d’une part les besoins et d’autre part les investissements de la société :

  • les postes à long terme sont ceux qui sont les moins réalisables, ils sont regroupés sous le nom "d’actif immobilisé" ;
  • les postes à court terme (les plus réalisables) sont appelés "actif circulant".

Par réalisable, on entend le fait de pouvoir céder et liquéfier en espèces (cash) les postes, en vue de pouvoir les investir ailleurs.

Le passif représente les différentes ressources dont dispose la société pour financer les investissements nécessaires au bon fonctionnement de l’entreprise :

  • les postes à long  terme sont des fonds qui sont à disposition "permanente" de la société (on parle de capitaux permanents) ;
  • les postes à court terme consistent en des fonds qui sont mis à la disposition de la société de façon temporaire.

Modalités pratiques

Financer des immobilisations incorporelles et financières

Le prêt subordonné (prêt Junior) est généralement utilisé pour le financement des immobilisations incorporelles et financières. Ceci est le cas notamment pour une reprise d’entreprise et l’achat de fonds de commerce, de brevets ou de licences. Au passif du bilan, ce type de crédit se situe en termes de risque entre les capitaux propres et les emprunts à long terme. Le prêt subordonné peut se présenter sous forme de prêt mezzanine, emprunt obligataire ou encore emprunt obligataire convertible en actions.

Financer des projets d’investissement

Les projets d’investissement d’une entreprise présentent souvent un caractère durable et se financent généralement à moyen ou à long terme. Il peut s’agir de biens mobiliers (outils de production, machines, véhicules) ou immobiliers (terrains, halls industriels, bureaux) destinés à la création, l’amélioration ou le développement de l’activité professionnelle. L’entrepreneur peut choisir entre plusieurs solutions bancaires pour le financement de ses investissements, à savoir :

  • le prêt d'investissement à long terme pour biens mobiliers ou immobiliers ;
  • le prêt in fine : le remboursement du crédit se fait en un seul versement à l’échéance ;
  • le crédit-pont (crédit relais) : financement d’une impasse de trésorerie ;
  • le prêt syndiqué : utilisé pour le financement de projets d'une certaine envergure ;
  • le leasing immobilier (crédit-bail) : acquisition d’un bien immobilier en échange de redevances.

Financer des projets d’investissement courant

Les investissements courants concernent avant tout l’acquisition et le renouvellement du petit outillage et du parc automobile, et se font généralement par des financements à court ou à moyen terme, à savoir :

Financer la croissance

Le financement du cycle d’exploitation, des besoins en fonds de roulement et des besoins en liquidités touche notamment les stocks, les créances et la trésorerie. Il existe plusieurs méthodes pour financer sa croissance, à savoir :

  • le crédit de caisse : dépassement temporaire du compte courant ;
  • l’avance à terme fixe : mise à disposition temporaire d’un certain montant pour une durée bien déterminée ;
  • l’avance sur factures : avances payées par la banque contre gage sur créances ;
  • le crédit d'escompte : paiement du montant d’un effet de commerce par la banque contre frais ;
  • l’affacturage : cession de créances commerciales à la banque.